La chambre syndicale des medecins du Val-d’Oise lance sa carte vitale devitalisee, une operation de communication pour sensibiliser les patients sur leur opposition a la loi Sante de Marisol Touraine

« On ne lâchera pas. On est toujours aussi déterminés », tonne Serge Larcher.

A l’instar de son président, la chambre syndicale des médecins du Val-d’Oise (CSMVO), qui regroupe 150 adhérents soit environ 10 % des praticiens du département, n’est pas prête à déposer les armes dans son combat contre la loi Santé de la ministre Marisol Touraine du 26 janvier 2016.

Par le passé, les médecins libéraux du Val-d’Oise, très mobilisés dans la contestation, ont tenté à plusieurs reprises de sensibiliser l’opinion publique. Sans atteindre l’objectif escompté. Leurs opérations escargots menées sur l’A1 et l’A13 le 13 novembre 2015 ayant logiquement été éclipsées par les attentats.

« La plupart des Français ne savent pas que la loi existe et les autres ne mesurent pas tous les enjeux », déplore Jean-François Damour, médecin vasculaire à la clinique Claude Bernard à Ermont. La chambre syndicale regrette également « que la santé soit oubliée du débat présidentiel ». A moins d’un mois de l’élection, elle lance donc une nouvelle opération de communication à destination des candidats, de leurs confrères médecins et des patients. Nom de code : « Carte dévitalisée par l’Etat. »

Pour appuyer leurs propos, les syndicats libéraux unis (la CSMVO, le BLOC, l’AFMS, l’UFML et l’association des médecins cardio-vasculaires) ont fait imprimer, moyennant 2 500 €, 100 000 cartes semblables à la carte Vitale. Dessus, trois slogans différents contre la loi Santé : « La Sécurité sociale, c’est fini », « Choisir son médecin, c’est fini » et « le secret médical, c’est fini ». « Le but est d’étendre le mouvement au niveau national, explique Serge Larcher. S’il prend chez les confrères, on en recommandera. »

En attendant, les médecins de la CSMVO sont catégoriques : « On n’appliquera pas le tiers payant généralisé (NDLR : une des mesures phares de la loi). Aucune sanction n’est prévue pour l’instant par la loi. De toute façon, on n’est pas inquiets. » Et Serge Larcher de rappeler les défauts d’une loi « qui va signer l’arrêt de mort de la médecin libérale ».

« Il faut revaloriser l’acte du généraliste. En France, la consultation est facturée 23 €, ce qui est très éloigné de la moyenne européenne qui est à 40 €. On veut également que le patient soit libre de choisir son médecin traitant et ses soignants. La loi va instaurer des réseaux de mutuelles qui imposeront tel médecin à tel patient. On s’oppose aussi à la fin du secret médical et que les données de santé des patients soient accessibles aux banques, assurances et mutuelles. »

Le Parisien

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