La pharmacie d’Airvault tient tête à la Sécu

Condamnée par la justice, la pharmacie d’Airvault va faire appel. Elle reste sur sa ligne de défiance envers les médicaments génériques. Par prudence.

Jacqueline Girardeaux et son fils

Les pharmaciens d’Airvault, Jacqueline Girardeaux et son fils Jean-Christophe n’en démordent pas : pour eux, les génériques ne sont pas automatiques ! S’ils n’ont pas forcément la même efficacité, ces médicaments de substitution peuvent même avoir des effets indésirables, voire potentiellement dangereux. C’est dans cette position de guerre de tranchée que se maintient la pharmacie des Halles. Elle va faire appel du jugement du tribunal administratif de Paris qui a donné raison à la Sécurité sociale (NR d’hier).

 Réticences face aux génériques

Pour autant, la décision du tribunal administratif de Paris ne modifie pas la ligne de conduite des pharmaciens airvaudais qui demeurent dans l’esprit de résistance : « On est très réticents vis-à-vis des médicaments génériques », fait valoir Jean-Christophe Girardeaux qui estime, par sa réticence, avoir fait progresser une certaine défiance face aux génériques. « Depuis notre affaire en 2012, dix-sept molécules ne sont plus obligatoirement substituables. Cela nous donne raison pour partie ».

La santé et l’argent

Car le cheval de bataille des Girardeaux, c’est de mettre en avant que les médicaments génériques qui ne sont pas strictement identiques aux médicaments de marque comportent des risques : « Il est anormal que les fabricants de génériques puissent changer ou retirer des excipients. Ainsi, on a eu l’exemple d’un médicament anti-cholestérol. Le générique ne comportait pas un excipient qui avait pour effet anti-mousse contenu dans le médicament d’origine. Les patients qui l’ont pris ont été malades… ».
Deux écoles de pensée s’affrontent entre quelques rares pharmaciens comme ceux d’Airvault qui disent représenter l’intérêt des patients à la recherche de soins et la Sécu qui représentent les mêmes malades en qualités de cotisants. Au centre, l’arbitrage éventuel du ministère de la Santé en sa qualité de défenseur de la santé publique. Juste sous le contrôle du ministère des Finances.

Danger mortel ?

Pour justifier le refus d’une confiance aveugle dans les génériques, un exemple est avancé par Jean-Christophe Girardeaux. Il concerne un médicament de substitution pour les personnes intoxiquées à l’héroïne. « Le médicament de source est souvent détourné par voie intraveineuse par les malades. C’est possible car tous les excipients sont assimilables. Au contraire, les médicaments génériques contiennent du talc et de la silice. En intraveineuse, c’est potentiellement mortel. Et la différence de prix c’est 50 centimes entre les deux médicaments. »

Dominique Hérault

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