Lettre ouverte aux Agences Régionales de Santé

Lettre ouverte aux Agences Régionales de Santé par SOS Médecins France

Nous vous informons par la présente de notre décision de nous associer les 29 et 30 décembre 2014 au mouvement d’interruption d’activité des médecins libéraux.

Ce mouvement concerne nos structures et les médecins qui les composent, à partir du lundi 29 décembre 8h00 jusqu’au mercredi 31 décembre 8h00..

En effet, SOS Médecins ne peut accepter :

– Que les pouvoirs excessifs des Agences Régionales de Santé soient confortés, ce qui conduit à une fonctionnarisation de la médecine libérale au détriment du libre choix des patients et de la qualité des soins. C’est ainsi que la permanence de soins ambulatoire (PDS-A) est déjà démantelée par les récentes décisions des ARS du Nord-Pas de Calais et de Lorraine qui ont supprimé la PDS-A libérale après minuit. En jeu la disparition d’un dispositif de proximité 24h sur 24 au profit d’une prise en charge exclusivement hospitalière alors que les urgences sont totalement débordées et que les risques pour les patients augmenteront à mesure de la lenteur, de la lourdeur et du coût de ce mode d’intervention : cinq fois celui de l’intervention d’un médecin au chevet du patient.

– Qu’un service territorial de santé au public, vienne encadrer la liberté de pratique et d’installation selon une conception dirigiste et centralisée de la médecine.

– Que la généralisation du tiers payant total et obligatoire finisse de créer un environnement bureaucratique portant atteinte à l’exercice libéral de la médecine, alors que la dispense d’avance de frais est déjà largement utilisée au profit des personnes les plus démunies.

SOS Médecins affirme :

– Que la liberté de choix des patients et la liberté d’intervention des médecins doivent être considérées comme des biens publics à sauvegarder en priorité.

– Que le gouvernement a comme mission première de créer les conditions pour faciliter l’accès aux soins, améliorer l’efficience médicale et lutter contre le gaspillage des fonds publics et non l’inverse.

– Que la permanence de soins repose essentiellement sur la possibilité de prise en charge ambulatoire par des effecteurs libéraux, alors que les décisions prises par certains DGARS conduisent inéluctablement à sa fragilisation, voire à sa disparition, ce que le projet de loi n’évite pas.

SOS Médecins demande :

– Que les principes régissant la permanence de soins soient définis au niveau national et qu’ils ne soient pas laissés à l’appréciation des ARS, ce qui équivaudrait à la mise en place de modes d’accès aux soins différents selon les Régions.

– Que les numéros d’appel nationaux, tels le 3624 de SOS Médecins soient largement diffusés par les pouvoirs publics et que toute communication à destination des patients soit coordonnée afin d’améliorer leur information.

– Que le gouvernement favorise le développement de la permanence de soins 24h sur 24, tout en privilégiant les modes d’intervention les plus efficaces pour les patients et les moins coûteux pour la collectivité.

Madame la ministre de la Santé a décidé de reporter le dépôt du projet de loi Santé au printemps, afin de procéder à certaines adaptations. Nous sommes bien évidemment disposés à y participer, mais rien de concret n’a été proposé pour l’instant et nous sommes particulièrement déterminés à défendre, dans le cadre de la préservation de la médecine libérale, les principes qui fondent notre engagement quotidien.

CP SOS MEDECINS FRANCE 19 DECEMBRE 2014

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