Christian Jeambrun présente les orientations du congrès de Lille

Christian Jeambrun présente les orientations du congrès de Lille

Le Congrès du SML se déroule à Lille les 28 et 29 prochains à Lille. Son thème n’est pas centré sur les dépassements d’honoraires. N’est ce pas étrange alors que vous serez à mi chemin dans les négociations sur le sujet ?

Le congrès du SML se prépare presque un an avant sa tenue et nous n’avions pas prévu alors cette négociation sur les dépassements d’honoraires. Il est vrai que le thème central du congrès « médecine libérale : mission de santé publique », choisi il y a plusieurs mois reste d’actualité au vue des propos récents de la ministre mais la négociation en cours aiguise certainement plus l’intérêt des médecins libéraux. Les discussions de couloirs et dans les coulisses du congrès tourneront sans aucun doute principalement autour des négociations et du nouveau projet de réorganisation de la médecine libérale et de soins présenté par Marisol Touraine avec son parcours de santé.
C’est pourquoi nous avons modifié la table ronde du samedi matin que nous consacrerons à la négociation sur les dépassements d’honoraires.
Mais au cours de ces deux jours nous souhaitons également démontrer par les multiples interventions de nos adhérents que la médecine libérale, choix préférentiel des patients, peut très bien s’impliquer dans de grandes missions de santé publique.

Marisol Touraine devrait être présente. Sera-t-elle la bienvenue dans ce contexte ?

Pour une grande centrale syndicale comme la nôtre, une ministre de la santé est toujours la bienvenue. Cette rencontre doit être un moment privilégié d’échanges entre un ministre de tutelle et des cadres syndicaux fortement impliqués dans la représentation professionnelle. Je ne peux pas vous dire aujourd’hui si cet échange sera chaleureux ou tumultueux. Mais il est sûr que suite à ses diverses annonces, la Ministre serait bien mieux accueillie chez MG-France que chez nous.

Quels sont les points d’achoppements entre Le SML et la Ministre ?

Aujourd’hui Marisol Touraine semble vouloir privilégier un parcours de santé à entrée unique avec le médecin généraliste comme pion avancé de l’hôpital dans cette médecine de proximité. Le médecin généraliste, adossé à l’hôpital coordonnera des collaborateurs pharmaciens, infirmières…Dans ce schéma, se reflète la seule idée d’orientation du patient dans un parcours privilégiant l’hôpital. On oublie là presque le soin. Le MG simple aiguilleur ? Voilà la question que l’on peut se poser. La ministre de la santé prévoit même la disparition du paiement à l’acte avec la mise en place d’expérimentations amenées à se généraliser en 2013.
Pour le SML cela signifie la disparition des spécialités cliniques libérales et celle du médecin librement choisi et de la liberté d’installation.
Une perspective qui se révèle bien loin du projet du SML qui défend un parcours de santé avec de multiples portes d’entrées, une charte du correspondant signée entre les différentes spécialités, une délégation de tâches choisie et non imposée, une persistance du paiement à l’acte, un système qui responsabilise l’ensemble de la chaîne (effecteurs et patients).
Alors oui les échanges et débats avec la ministre risquent d’être animés.

Pourquoi ce congrès se déroule à Lille ?

Le SML est un grand syndicat réparti sur tout le territoire. Il n’y a aucune raison que le congrès se déroule toujours au même endroit. Depuis quatre ans, le congrès se déroule dans une région différente chaque année. Par cette régionalisation nous demandons aux responsables locaux de s’impliquer dans l’organisation du congrès, de se l’approprier. Cette expérience confraternelle renforce le syndicat. Mais il est clair que cette organisation est moins facile pour les équipes en charge de l’évènement du congrès. J’en profite pour remercier tous ceux qui s’impliquent dans cette réalisation.

C’est votre dernier congrès en tant que président du SML. Pourquoi partir ?

J’arrive bientôt au terme de mon deuxième mandat. Quatre ans à la tête d’une grande centrale syndicale c’est exaltant et formateur mais aussi épuisant et cela vous éloigne rapidement de vos bases familiales, professionnelles et sociétales. Le risque de devenir un professionnel de la présidence syndicale nous guette tous.

Vous n’avez pas peur que cette décision déstabilise le syndicat ?

Depuis 4 ans nous avons pris l’habitude de travailler en équipe. J’ai délégué de nombreuses responsabilités et missions à un grand nombre de cadres. Ces derniers ont tous participé avec enthousiasme à cette gestion de la défense professionnelle. J’espère bien que le président suivant choisira la poursuite de ce mode de fonctionnement : celui du partage et du collectif.
Je veux délivrer un autre message à ceux qui vont me succéder. Je pense humblement avoir participé au rapprochement des centrales en instituant des habitudes d’échanges et de réflexions communes. Il faut poursuivre dans cette voie et ne pas retourner à l’isolement. Le groupe est toujours plus fort que l’individu. Et de la force il va en falloir car on veut nous imposer une véritable révolution de l’exercice libéral.

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