FML : LES MAUX D’UN PRÉSIDENT

LA SIGNATURE DE TROP : UN SYNDICAT EST NÉ,  LA FÉDÉRATION DES MÉDECINS LIBÉRAUX (FML)

L’encre de la dernière convention était à peine sèche et le P4P à peine ingurgité (par défaut d’information de la part des syndicats signataires) que ces syndicats dits majoritaires récidivaient en paraphant l’avenant n°8.

Cet avenant remet notamment en cause l’un des acquis majeurs qui a permis à notre médecine libérale de se maintenir parmi les meilleures au monde.

L’espace de liberté des honoraires a fait la preuve de son efficience, il est promoteur de l’excellence.

Qui sommes-nous ? Des médecins laissés pour compte par ces syndicats ayant trop souvent signé, après de tragiques débats de conscience, ce qui leur était présenté pour, prétendent certains, une poignée de dollars.

Perversité d’un système qui ne leur a pas laissé pas grand choix : « signe ou crève » ?

Quels résultats aujourd’hui d’un tel système ?

Quel médecin ne ressent pas comme une trahison une signature qui accroît l’emprise de l’Assurance Maladie et des dispositifs étatiques sur son exercice ?

Fustiger les compléments d’honoraires et leur corollaire, le « reste à charge », pour programmer une disparition du secteur 2 eût été logique si   l’Assurance Maladie avait, au fil des ans, déplacé le curseur du remboursement des actes en fonction de paramètres admis par nous tous : augmentation du coût de la vie et de la pratique, des charges sociales, prise en compte des évolutions techniques souvent coûteuses, mais aussi de l’expérience, de la formation continue choisie par chacun sans attendre un formatage médico-administratif, etc..

Rien n’a été fait depuis des décennies pour revaloriser les honoraires médicaux tandis que les prix s’envolaient : quel médecin ne s’émeut pas de payer 23 euros sa coupe de cheveux alors que le stress le rend à moitié chauve ? Ce n’est certes pas son coiffeur qui va l’enterrer, ce sont des prédateurs agréés.

Les mutuelles et autres assureurs  crient à l’unisson haro sur le reste à charge et son supposé facteur de croissance, le Secteur 2. Elles participent depuis toujours de façon grossière au lynchage médiatique de la médecine libérale à grands renforts de publicité (avec l’argent de qui si ce n’est celui de leurs adhérents ?).

Les syndicats médicaux n’ont ni les moyens ni le droit de faire de la pub à la TV.

Ces mêmes mutuelles affichent des coûts de gestion supérieurs de 3 à 4 fois ceux de l’Assurance Maladie et proposent des offres contractuelles  tellement  hétérogènes que les garanties offertes en deviennent illisibles.

Les parlementaires, souvent prompts à  dénoncer les compléments d’honoraires des médecins, ne devraient ils pas se soucier rapidement de ces zones opaques constituées par la gestion des mutuelles et la rémunération de leurs hauts dirigeants ? Pourquoi ne pas imposer la même transparence aux Mutuelles qu’à l’Assurance Maladie alors qu’elles ne couvrent souvent qu’une petite fraction du risque ?

Le législateur devrait imposer un socle minimum obligatoire  de prestations garanties sur ce marché dérégulé. Et réguler le marché! Un malade n’est pas une affaire commerciale.

Nous souhaitons à tous nos concitoyens de pouvoir conserver leur médecin de famille, leur médecin personnel, à proximité de leur domicile. Depuis des décennies les gouvernements successifs, en maintenant le numerus clausus, ont organisé la pénurie de médecins en France, au mépris d’observations de l’OMS. La pénurie ne s’est pas fait ressentir plus tôt du fait du pillage de cerveaux formés dans d’autres pays (qui avaient eux-mêmes besoin des médecins dont ils avaient financé la formation). Pouvons-nous cautionner de telles dérives?

Nous défendons la liberté d’installation, le paiement à l’acte, la liberté des honoraires médicaux pour tous les médecins, l’indépendance professionnelle des praticiens vis-à-vis des assureurs privés ou publics (la  » sécu » qui vient par exemple d’inaugurer le  » délit statistique » – assorti de sanctions – pour les prescripteurs d’arrêts de travail qui sortiraient de normes statistiques) et vis-à-vis des mutuelles dont les comptes restent opaques. Nous défendons la liberté de prescription.

Faut-il déplorer que les médecins n’aient pas l’envie de faire de pub à la TV et ne soient pas des vautours cupides, comme le feuilleton des honoraires libres pourrait le laisser entendre ? Qui parle de la couverture sociale des médecins et de leur précarité en cas de maladie ? Qui parle de la retraite des médecins, autrefois améliorée lorsque le praticien pouvait obtenir une compensation financière en présentant sa patientèle à un successeur en qui il avait confiance ? Qui parle des MICA et autres délires de l’assurance maladie ?

Nous avons été formés dans un idéal d’excellence, sans nous préoccuper de considérations financières, nous conservons cet idéal au fond de nos coeurs, alors que l’on nous reproche maintenant de nous soucier de notre avenir matériel.

Nous souhaitons avant tout que perdure une médecine d’excellence: la » médecine à la française » est menacée, tentons ensemble de la sauver.

La médecine française passe aussi par la formation de médecins en nombre suffisant. Prenons acte de la réalité.

Pouvons-nous continuer à confier notre avenir à des apparatchiks qui ne voient pas plus loin que le bout de leur prochain mandat ?

Le système  conventionnel actuel  a atteint ses limites.  La méthodologie  et le programme des négociations avec l’Assurance Maladie doivent être réétudiés par les partenaires  pour éviter les dérives récentes.

L’espace conventionnel est régulièrement impacté par les PLFSS successifs,   rouleaux compresseurs qui rabotent impitoyablement nos libertés d’exercice et de parole.

Nous dénonçons  ces pratiques  qui exposent  notre profession  aux aléas d’un système totalitaire qui brade la qualité des soins au profit des mutuelles : le danger pointe à l’horizon avec la mise en place des réseaux de soins mutualistes.

Réagissons à ces diktats idéologiques, révoltons-nous contre une médecine qui deviendrait gérée par des assureurs, construisons sans cesse l’excellence. Obligeons nos interlocuteurs doctrinaires ou opportunistes à évoluer : acteurs incontournables du système de santé, nous sommes les mieux placés pour en parler. C’est notre métier, notre vie, et aussi, entre nos seules mains,  la vie des patients.

Venez nous rejoindre :

Pour défendre une médecine  libérale  qui propose  de récupérer plus de  deux milliards € d’économies  sur les recours aux urgences à l’hôpital et sur les hospitalisations indues par une véritable implication de la médecine de premier recours justement  rémunérée.

Pour mettre en place une véritable CCAM clinique  déjà proposée à la Caisse  qui revalorise réellement le travail clinique  à sa juste valeur.

Pour rétablir un véritable  espace de liberté tarifaire  garant  d’une médecine  de notre temps.

Pour  que cessent  les agressions régulières de spécialités, lesquelles ont permis à la médecine de ville et hospitalière  privée  d’exercer une meilleure  prise en charge  des patients.

Les  spécialités de plateau technique sont  doublement pénalisées, d’abord parce que leur destin est indissociable de  celui   de leur établissement, ensuite parce que l’attractivité  de leur exercice pour les générations futures n’est pas évidente.

Les spécialités cliniques sont délaissées et ne méritent pas non plus ce sort.

Ces syndicats  signataires  engagent toute la profession  sur des voies hasardeuses pour tous. Nous dénonçons cette signature conventionnelle et le coup de Jarnac de l’avenant  n°8  qui condamne à terme la médecine libérale.

Nous souhaitons rétablir grâce à vous  des conditions  de négociations transversales  en abordant les vraies priorités.

Dominique BARBELENET

Président de la Fédération des Médecins Libéraux du Val d’Oise

(recherchez la page de la Fédération des Médecins Libéraux sur Facebook)

 

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