Lettre aux députés

Madame le député, Monsieur le député,

Représentant élu démocratiquement, vous allez très bientôt vous prononcer sur le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS), et sur le projet de loi sur la déréglementation des professions libérales.

Concernant les soins, leur accessibilité au plus grand nombre, et leur qualité, la Chambre Syndicale des Médecins du Val d’Oise souhaite attirer votre attention sur deux points : l’accessibilité aux soins de ville et le Tiers Payant Généralisé (TPG) d’une part, et, d’autre part,  l’ouverture du capital des sociétés de professionnels de santé à des financeurs ne faisant pas partie de ces professions.

En ces temps de crise financière, d’économies obligées, de  récession crainte, il nous paraît contre-productif de déresponsabiliser le patient : « tout ce qui est gratuit coûte cher ».

Par ailleurs, la pléthore de la demande de soins, prévisible du fait de l’instauration du TPG, aura pour effet de saturer les salles d’attente, y compris pour des motifs très anodins ; donc d’augmenter les délais  d’obtention de rendez-vous, et de pénaliser ainsi les patients les plus malades.

La mise en place  de la Couverture Maladie Universelle et de l’Aide Médicale d’Etat a déjà grandement facilité aux soins pour les patients les plus défavorisés, pour les patients non bénéficiaires les aménagements concédés à chaque cas particulier par tous les libéraux sont quotidiens (paiement différé, par exemple chèques déposés après délai). Si les délais d’accès à certains praticiens, spécialistes ou non, et pas seulement en « désert médical », sont bien réels, la cause n’en est pas financière, mais liée aux délais d’obtention des rendez-vous et donc au numerus clausus instauré depuis plusieurs décennies à l’entrée en Faculté de Médecine. Des études l’ont démontré. L’instauration du TPG nous paraît donc tout à fait superflue.

En ce qui concerne l’ouverture du capital des sociétés de professionnels de santé à des financeurs ne faisant pas partie de ces professions, nous craignons que les intérêts du patient ne passent après ceux des financeurs, non soumis, eux, au Code de Déontologie. La maîtrise médicalisée, si elle devient comptable, ne favorisera plus l’intérêt du patient, mais celui du financeur.

En conclusion, nous jugeons ces mesures inflationnistes, dangereuses pour nos patients, et, de plus, contraire aux valeurs issues du conseil national de la résistance.

Nous vous conjurons d’y réfléchir avant de prendre des décisions qui entraîneraient nos patients  vers les dérives du « Tout Presque Gratuit »,  puis de la marchandisation de la santé, contraire aux idéaux progressistes de la démocratie.

 

Nous vous prions, Madame le député, Monsieur le député, de croire en l’expression de notre haute considération.

Pour la Chambre Syndicale des Médecins du Val d’Oise,

Le président,

Docteur Serge LARCHER

 

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